Pour le PDG de La Poste, qui présente ses résultats aujourd’hui, la révolution est au programme.

En s’équipant de quads électriques pour livrer courrier et colis, La Poste joue la carte des « transports doux ». Son patron n’est pas non plus du genre à élever la voix. Cela ne l’empêche pas depuis 2013 de mener une révolution dont on ne peut que se féliciter qu’elle aussi se fît à bas bruit. Ce n’est plus (seulement) une entreprise de transport qu’il dirige. C’est un vendeur d’épicerie, un réseau d’assistantes sociales, une armée de facteurs qui, à défaut de lettres à distribuer, collectent du papier à recycler, se mettent  au service de la Silver économie . Déjà ils assurent des visites régulières aux personnes âgées « Veillez sur mes parents » – et contribuent à l’élaboration d’un nouvel « écosystème » qui s’enrichira aussi de prestations de ménage, de bricolage, de location de matériel médical, etc. Bien sûr, la vieille dame voit dans l’e-commerce l’élixir de jouvence qui viendra dynamiser son activité de colis express.

Ainsi le conseiller d’Etat, ex-conseiller de Michel Rocard et surtout banquier – Compagnie Bancaire, Caisses d’Epargne, Royal Bank of Scotland, La Banque Postale – a lui aussi fait sa mue. Son premier fait d’armes fut chez Rocard de défendre la création de la CSG, dont le Bercy de Bérégovoy ne voulait pas. Lui est restée sa façon de plonger au fond des dossiers, ne rien lâcher. A l’ENA, il fit partie avec Guillaume Pepy de la promotion Louise Michel, les voilà tous deux confrontés aux deux symboles les plus sensibles du service public à la française. Wahl, qui d’ailleurs se targue de grands-pères cheminots et d’une marraine postière, sait qu’il ne peut se permettre la petite vitesse. Le facteur temps joue en sa défaveur et ne sonnera pas forcément deux fois.

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