Alors que l’Europe se présente comme un havre de paix régulé pour les plateformes cryptos américaines , la monnaie européenne a quant à elle bien du mal à exister sur le marché crypto mondial. L’euro n’est que la troisième monnaie traditionnelle la plus utilisée sur les échanges crypto, derrière le dollar et le won coréen, selon le dernier rapport de la société d’analyse crypto Kaiko.
Le billet vert domine outrageusement, avec 49 % de part de marché en 2023. Si l’hyperactivité des traders sud-coréens a fait gagner du terrain au won, qui a grimpé de 20 % à 47 % depuis début 2023, l’euro n’a lui connu qu’une légère croissance, passant de 6,2 % à 7,7 %.
Mais les difficultés traversées par les plateformes américaines, entre faillite en cascade et pression des régulateurs , ont donné un coup de fouet à l’euro, dont le volume a presque doublé, passant de 9,3 % à 15,3 % depuis début 2023. « Le volume libellé en euros a rebondi à un rythme beaucoup plus rapide que celui en dollars, ce qui démontre les difficultés auxquelles les bourses américaines sont confrontées dans un contexte d’assaut de mesures réglementaires », souligne Kaiko.
Stablecoin
Pour comprendre les difficultés de l’euro à exister sur la scène crypto, il faut jeter un oeil au marché des stablecoins. Les stablecoins sont un élément essentiel, voire indispensable de l’écosystème crypto. Ils sont censés échapper à la volatilité des autres cryptomonnaies comme le bitcoin en étant rattaché à un actif traditionnel tel que l’or, le dollar, ou l’euro.
Les investisseurs convertissent par exemple leur bitcoin dans une cryptomonnaie stable pour sécuriser leurs gains. Ou vont alors vont convertir leur cash en stablecoin pour acheter d’autres cryptos, effectuer des arbitrages entre différents ordres et des transferts entre plateformes. Un rôle central dans l’écosystème crypto qui explique que plus de 70 % de toutes les transactions sur les échanges centralisés intègrent un stablecoin.
Le roi Dollar
Mais en réalité, stablecoin rime surtout avec dollar. Sur les 137 milliards de dollars que pèse ce marché, 133 milliards le sont sur des jetons associés au dollar. Soit 97 % du marché, d’après Coingecko. Les stablecoins euro sont quasi inexistants et ne représentent au total que 275 millions de dollars de l’offre en circulation. Et même les Européens ne veulent pas entendre parler d es stablecoins indexés sur l’euro . « Près de 90 % de toutes les transactions cryptographiques sont effectuées à l’aide de pièces stables adossées au dollar par rapport au dollar, tandis que pour l’euro, moins de 1 % des transactions sont effectuées à l’aide de pièces stables adossées à l’euro » relève Kaiko.
Comment expliquer un tel écart, alors que l’euro est la deuxième monnaie la plus puissante de l’économie mondiale ? « Les gens veulent du dollar, or, les Européens disposent déjà d’une monnaie fiduciaire forte (l’euro) et de faibles frais de transaction grâce à leur système bancaire » avait expliqué aux « Echos » Paolo Ardoino, le dirigeant de Tether, l’émetteur du plus puissant stablecoin du marché : l’USDT. Détenir des dollars, même en crypto, est de plus un outil pour les particuliers de pays sujets à de fortes dévaluations comme la Turquie, l’Argentine ou le Vietnam. De quoi faire dire au patron de Tether, que l’USDT participe à « l’hyperdollarisation du monde »
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