HOSPITALITY LAB & PRACTICE FOR BRANDS

Blog2017-10-23T13:43:48+00:00

GDPR : L’hospitalité des marques fait loi en Europe.

GDPR : L’hospitalité des marques fait loi en Europe.

En imposant aux marques de privilégier l’intérêt de leurs clients dans la gestion des données qu’elles détiennent, l’Europe fait de l’hospitalité le vecteur principal de leur croissance.

1. AUJOURD’HUI, LA CROISSANCE DES MARQUES PASSE PAR LA QUALITÉ DE LEUR RELATION CLIENTS.

Dans un monde digital, « Les Marchés sont des Conversations ».

Dès 1999, Doc Searls et ses co-auteurs avaient mis cette idée au coeur de leur “Clue Train Manifesto” (Manifeste des Evidences) (1), démontrant alors avec brio comment le développement du “capital relationnel” de la marque pouvait devenir le principal moteur de la croissance des entreprises.

L’arrivée des sites internet dans la fin des années 1990 avait eu en effet le mérite de faire prendre conscience qu’il pouvait se nouer une relation directe entre l’entreprise et ses clients, sans passer par un distributeur ; et que ces nouveaux liens produisaient énormément de données qu’il était probablement intéressant d’exploiter : ainsi, pour développer plus loin l’idée du “Clue Train”, lorsqu’il s’agit de générer une croissance durable des ventes et des profits, les meilleurs atouts de la marque sont sa légitimité à susciter des échanges autour de son coeur de métier (Conversation), son intelligence à les analyser (Curation), sa capacité à apporter des réponses adaptées aux besoins exprimés (Customization), et finalement son empathie relationnelle, propre à mettre le client en résonance avec la marque (Communion). Autant d’atouts qui précèdent dorénavant la simple « qualité des produits » mis au catalogue, autrefois le principal fer de lance des entreprises.
Une vision depuis partagée par Interbrand(2), qui dans sa publication annuelle du classement de la valeur des marques insiste sur le fait que “la croissance est la conséquence d’une stratégie claire et d’expériences exceptionnelles délivrées au consommateur”.
Voici donc venu le temps pour les marques soucieuses de croissance durable de passer un nouveau contrat relationnel avec leurs consommateurs, où l’achat et la livraison du produit n’est plus la fin mais le début de la relation : un contrat qui couvre d’abord l’usage, et l’expérience qui l’accompagne. Un contrat qui est aussi l’occasion de proposer de nouveaux moments de consommation, de nouveaux services, qui sont autant de chiffre d’affaires supplémentaire pour les marques. Mais un contrat relationnel d’abord fondé sur le respect de l’intérêt du client, notamment en matière d’utilisation de ses données.

 

2. GDPR : UNE RÉGLEMENTATION POUR SAISIR DE NOUVELLES OPPORTUNITÉS DE CROISSANCE.

Selon une étude récente de la Commission Européenne(3), 72% des Européens s’inquiètent en effet de laisser trop de données personnelles aux entreprises, souvent à leur insu, et surtout de ne pas en recevoir de réelle contrepartie. D’ailleurs, la connaissance plus précise du client semble ne faciliter en rien la capacité de l’entreprise à mieux cibler ses offres : selon tous les indicateurs(4), le taux d’ouverture des mails diminue alors que les désabonnements (opt-out) augmentent, ce qui fragilise largement la rentabilité des investissements lourds consentis dans le CRM.
La Commission souligne également que le marché en ligne est constitué à 57% d’échanges avec des opérateurs américains, alors que seulement 4% des échanges se font au travers d’opérateurs pan-européens. Elle estime que si les 100 plus grosses entreprises Européennes faisaient un usage judicieux de leurs données clients, le PNB Européen pourrait s’octroyer 1,9% de progression supplémentaire d’ici 2020, soit plus de 200 Milliard d’Euros de gain potentiel.
C’est avant tout à cette opportunité de croissance que la GDPR s’attaque : permettre une meilleure utilisation des données pour les entreprises grâce à un consentement avéré des consommateurs, favoriser les échanges intra-européens au sein d’un univers mieux sécurisé. Loin d’être une contrainte, la GDPR est une chance de développement de nouvelles sources de revenus pour les marques européennes : elle conduit à un modèle de croissance durable rendu possible par une approche choisie et non plus subie de la consommation. Avec la GDPR, les marques doivent négocier avec chacun de leurs clients un contrat relationnel : elles doivent se mettre à l’écoute, comprendre les besoins, proposer leurs services, et définir les modalités de la relation ; le tout dans la transparence ( accès aux données, droit de modification) qui établit la confiance, l’attachement. Les marques deviennent alors attachantes dans le bon sens du terme, et c’est de cet attachement que nait la croissance durable.
C’est à ce nouveau modèle relationnel qu’appellait lui-même Doc Searls dans son “Clue Train Manifesto” : il lui avait même trouvé un nom, la VRM (Vendor Relationship Management). Une approche basée sur le consentement avéré du client vis à vis de ses fournisseurs (vendeurs) avec un postulat simple : “un consommateur libre a plus de valeur qu’un consommateur captif – pour lui-même, pour les marques et pour l’économie en général”.
Encore faut-il s’entendre sur la définition du consommateur “libre”. Searls le définit en cinq points :
1. Il entre en relation avec les marques de manière indépendante et sans contrainte.
2. Il est le point d’intégration de sa propre donnée (c’est lui seul qui peut relier sa donnée à sa personne).
3. Il a le contrôle de la donnée qu’il génère et collecte. Il décide de ce qu’il veut partager, à qui et comment.
4. Il définit son propre niveau d’engagement avec les marques.
5. Il est libre d’exprimer ses exigences et ses intentions en dehors du contrôle de toute entreprise.
C’est ce consommateur “libre” que la GDPR souhaite aujourd’hui promouvoir, afin d’en faire le vecteur de croissance de l’économie.

3. L’HOSPITALITE DES MARQUES, PRINCIPAL VECTEUR DE LEUR PROPRE CROISSANCE.

Accueillir un consommateur “libre” est sans doute une perspective qui effraie bon nombre de marques, tant elle ont été construites sur la notion d’un marketing manipulateur et insidieux, capable d’influencer jusqu’aux émotions pour enfermer les clients dans un tunnel de vente dont la seule issue est l’achat du produit. Avec la GDPR, ce n’est plus le produit qu’il va falloir vendre, c’est la marque qui doit apprendre à se faire acheter. Et pour cela, il va falloir qu’elle se montre hospitalière vis à vis de ses clients : bienveillante, humaine et proche.
Le produit devient simplement la porte d’entrée à la marque, celui qui va forger les impressions de la première rencontre, et donc le début (et non la fin) de l’histoire. Le produit n’est plus qu’un prétexte, c’est la marque qui devient le réel support de l’expérience pour le consommateur : c’est d’ailleurs à elle qu’il va naturellement s’adresser s’il a besoin d’assistance ou s’il a simplement des remarques à formuler. À la marque de se montrer engageante, accueillante, généreuse et humaine pour fidéliser le consommateur au-delà du premier produit, et pour entretenir une relation proche, intime, qui permettra de continuer à vendre sans qu’il soit besoin de déployer la coûteuse armada publicitaire du premier jour : avoir une stratégie à long terme d’entretien de la relation, plutôt que de s’épuiser dans des efforts permanents de recrutement.
Autant le “tunnel de vente” était indifférencié et anonyme, donc étranger à toute notion d’hospitalité, autant le “cycle de décision d’achat” est personnalisé et fait appel à la relation humaine : c’est de la capacité de la marque à accueillir que dépend la fidélisation du client, et encore plus, sa propension à devenir activement promoteur vis à vis de ses pairs. Pour le dire différemment, c’est du niveau d’hospitalité de la marque que va découler l’amplitude de la réalisation du cycle d’achat, et donc le montant de la valeur créée.
Autant le “tunnel de vente” s’envisageait dans un temps le plus court possible, avec l’espoir de limiter la durée d’exposition nécessaire pour déclencher l’achat afin de réduire les coûts, autant le “cycle de décision d’achat” s’inscrit dans la durée la plus longue possible afin de maximiser les revenus. En se plaçant dans une notion de permanence, on met forcément en exergue la qualité de l’hospitalité, seule capable de générer de la pérennité dans la relation.
Plus le consommateur progresse avec la marque, plus la marque fait preuve de « disponibilité » vis à vis des demandes du consommateur, plus se crée la confiance dans la relation, le consommateur récupérant de plus en plus de valeur d’usage en retour de sa relation avec la marque, la marque obtenant de plus en plus de “permissions” qui lui permettent d’aller encore plus loin dans son service du consommateur.
C’est bien là le cercle vertueux de l’hospitalité des marques : un marketing “on demand” (inbound marketing), un marketing de l’échange, de la confiance, de la permission, du partage de la valeur, où les clients sont aussi des hôtes ; un marketing qui se définit d’abord par rapport au client pour qu’il puisse adopter lui-même la marque, la faire sienne et en devenir à son tour le porte-parole…
Alors que la GDPR fait des marques le gibier de consommateurs devenus madrés, l’hospitalité est la meilleure réponse pour faire de ces mêmes marques les plus désirables des proies : avec bienveillance, humanité et intimité. Assurant ainsi la pérennité de leur croissance.

4. QUELLES APPROCHES POUR LES MARQUES FACE A LA GDPR ?

Ce serait peine perdue pour les marques que de se contenter de « mettre en conformité » leur bases de données tout en espérant garder les mêmes pratiques relationnelles. Car la GDPR est d’abord une invitation à renverser ses pratiques relationnelles pour faire montre d’hospitalité vis à vis de ses clients ; et c’est ce renversement d’attitude qui est lui même porteur de croissance pour les marques. Avec la GDPR, l’hospitalité ouvre pour les marques de nouvelles perspectives de croissance.
Une étude publiée en Mai dernier par le gouvernement Britannique4 s’était alarmée sur le fait que seulement 30% des grandes entreprises du pays avaient commencé à prendre les mesures nécessaires à la mise en conformité de leurs pratiques d’utilisation des données, alors que la transcription dans la loi Britannique vient d’être réalisée en ce mois d’Août, et qu’elle survivra au Brexit. Les autres pays feront-ils preuve de la même insouciance, par rapport à une échéance qui dans la plupart des pays européens, a été fixée à Mai 2018 ?
La GDPR transforme radicalement la manière dont les entreprises utilisent les données. Il va falloir arrêter d’acheter des listes d’adresses, et même se débarasser des listes qu’on aura pu acheter auparavant. Contacter un client exigera d’avoir les permissions nécessaires, sauf à s’exposer à des amendes prévues pour atteindre jusqu’à 4% du chiffre d’affaires.
Il n’y aura donc pas d’échappatoires.
Mais n’est-ce pas justement l’opportunité d’une prise de conscience salutaire dans le futur de la relation client ? Quelle marque aujourd’hui a encore besoin d’avoir accès à des millions de noms dont simplement un infime pourcentage montre un intérêt pour ses propositions ? Ne vaudrait-il pas mieux établir une véritable relation avec moins de clients mais qui ont un véritabe intérêt à avoir un dialogue, un échange, une conversation avec la marque ?
N’est-il pas temps, tout simplement, que les marques apprennent à devenir hospitalières vis à vis de leurs clients ?
Et si la GDPR n’était qu’un manifeste pour l’hospitalité des marques ? Une manière de sauver les marques traditionnelles à l’heure du digital ? La dernière opportunité à saisir avant liquidation ou reprise par les acteurs de la nouvelle économie ?
En développant leur hospitalité pour se mettre en conformité avec la GDPR, ce n’est pas tant l’amende que les marques vont éviter, c’est leur futur qu’elle vont assurer.
Aucune raison d’attendre. Embrassons la GDPR en développant l’hospitalité des marques (5).

 

 

(1) Le Cluetrain Manifesto (Manifeste des évidences) est un texte rédigé par Rick Levine, Christopher Locke, Doc Searls, et David Weinberger. Il est d’abord diffusé sur le web en 1999 comme un ensemble de quatre-vingt-quinze thèses, puis est publié sous forme de livre en 2000 avec les thèses prolongées de sept essais. https://www.amazon.com/Cluetrain-Manifesto-End-Business-Usual/dp/0738204315
(2) Etude 2016 Interbrand : http://interbrand.com/best-brands/best-global-brands/2016/
(3) Etude de la Commission Européenne : https://ec.europa.eu/commission/publications/why-we-need-digital-single-market_en
(4) Citée par Tanya Joseph dans le magazine Marketing Week (UK) du 7 Août 2017, New data laws are a chance to reset customer relationships : https://www.marketingweek.com/2017/08/07/tanya-joseph-data-law/
(5) Cf, “Manifeste pour l’Hospitalité des Marques”, Georges-Edouard DIAS, Edition Netexplo : https://www.amazon.fr/dp/2954667230/

Pourquoi la formule magique de Shein et Temu fait des ravages en France

By |July 12th, 2024|Categories: Scoop.it|

A disruptif, disruptif et demi. Alors que tout semblait avoir été inventé en matière d'e-commerce avec Amazon, et sur le marché du prêt-à-porter, avec Zara et le hard-discounter irlandais du textile Primark, les sites Internet chinois Shein et Temu changent la donne. « Quand Primark a ouvert ses magasins en France, ses prix étaient en moyenne 30 % moins chers que ceux de la concurrence. Personne ne pensait faire mieux. Pourtant, Shein vend des articles expédiés depuis la Chine à 5 ou 10 euros », remarque l'expert en marketing du commerce Frank Rosenthal. Pas d'objectif de rentabilité En dix-huit mois, la filiale de Pinduoduo, la plateforme qui rivalise en Chine avec Alibaba et JD. com, et le spécialiste du textile né en Chine dont le siège s'est établi à Singapour bousculent les valeurs sûres. LIRE AUSSI : NOTRE ENQUÊTE - La déferlante Shein et Temu affole totalement les compteurs de la logistique internationale Temu, à partir de rien, a conquis rapidement la cinquième place des sites marchands les plus fréquentés dans l'Hexagone, selon Médiamétrie et NetRatings, avec 17 millions de visiteurs uniques par mois, soit autant que Leclerc et Cdiscount. Shein se classe onzième, juste devant AliExpress, la déclinaison internationale d'Alibaba. LIRE AUSSI : Shein : le roi de l'« ultra fast fashion » engrange deux fois plus de bénéfices que H&M Mode low cost : la riposte d'Amazon aux assauts de Shein « Ils apportent un modèle différent qui, trente ans après la naissance d'Amazon, permet une fois de plus à l'e-commerce d'échapper à la contrainte de la rentabilité », analyse Frank Rosenthal, qui constate que Shein et Temu se fixent d'abord comme objectif l'acquisition de clients, au détriment de l'équilibre financier, comme la compagnie de Jeff Bezos à ses débuts qui a ensuite assis ses comptes avec les services informatiques AWS. Avec, selon une étude Bloomberg, des prix inférieurs jusqu'à 70 % à ceux d'Amazon et une offre aussi large, qui se chiffre en millions de références, le généraliste Temu casse le marché. « On peut dire que Shein et Temu donnent accès au consommateur européen au prix coûtant des usines chinoises », poursuit l'expert de chez Frank Rosenthal Conseils (FRC). Une révolution après deux décennies de délocalisation industrielle pendant lesquelles les marques européennes ont vendu à des prix européens des produits fabriqués à des coûts asiatiques, avec une forte marge donc. « Value for money » La formule est d'autant plus magique qu'avec un volume gigantesque de colis expédiés, les deux cybermarchands chinois négocient des prix de transport défiant toute concurrence. « Quant aux clients, ils savent et voient que la qualité n'est pas forcément bonne, mais compte tenu des petits prix, le rapport 'value for money' est très acceptable », précise Frank Rosenthal. LIRE AUSSI : ENQUÊTE - E-commerce : Temu, le grand méchant chinois DECRYPTAGE - « Ultra fast fashion » : en quête de respectabilité, Shein veut financer l'économie circulaire Reste à savoir si ces modèles sont durables, à tous les sens du terme. En réponse à ceux qui l'accusent d'encourager le gaspillage, Donald Tang, le président exécutif de Shein, a indiqué en juin aux « Echos » que sa plateforme allait vendre en France des vêtements de seconde main. Il explique aussi que son entreprise fait fabriquer à la commande, ce qui limite les invendus. Mardi, le groupe sino-singapourien a annoncé la création d'un fonds de 200 millions d'euros, toujours en France, pour favoriser l'économie circulaire. Fast fashion Shein et Temu devront néanmoins passer sous les fourches caudines de la réglementation. En France, un projet de loi anti fast fashion était sur le point d'être discuté avant la dissolution. Nul doute qu'il rallierait la majorité de la nouvelle Assemblée s'il devait ressortir des tiroirs. A Bruxelles, les acteurs classiques du textile militent pour que les petits colis de l'e-commerce ne soient pas exemptés de TVA. La loyauté de la concurrence est un sujet. Shein a aussi « disrupté » le secteur du prêt-à-porter en offrant 7.500 nouveaux produits tous les jours, selon les estimations des experts. En son temps, Zara avait révolutionné le marché avec une nouvelle collection toutes les trois semaines. La surenchère de Shein a-t-elle un sens pour les consommateurs ? On ne le sait pas encore. LIRE AUSSI : Comment Pinduoduo et TikTok menacent Alibaba, empereur de l'e-commerce chinois « Ce qui est sûr, c'est qu'Inditex, le propriétaire de Zara, affiche d'excellents résultats financiers, ce qui prouve que son modèle performe », commente le spécialiste de FRC. Celui-ci estime que les deux sites chinois prendront des parts de marché aux acteurs de l'e-commerce en place, plus qu'ils n'élargiront le marché des ventes en ligne. Ce dernier semble avoir atteint son niveau maximal en France, avec 10 % du commerce de détail, 21 % dans le textile, 12 % pour les produits de grande consommation et 28 % pour l'équipement de la maison, selon les chiffres de la Fédération de l'e-commerce (Fevad). « Toutefois, interpelle Frank Rosenthal, si la société occidentale prône la sobriété pour aider le climat, les consommateurs ne se contenteront pas de l'essentiel. Ils aiment la mode et le changement. Il ne faut pas s'y tromper, si Vinted est devenu le deuxième site Internet de vente de vêtements, c'est aussi parce que la revente permet de gonfler son pouvoir d'achat de produits neufs… »

Cryptos : près de 1,4 milliard de dollars volés par des hackers au premier semestre

By |July 12th, 2024|Categories: Scoop.it|

Les pilleurs de cryptos continuent de sévir. Sur les six premiers mois de l'année, les montants dérobés grâce à des attaques informatiques ont atteint plus de 1,38 milliard dollars selon la plateforme TRM Labs, spécialisée dans l'analyse des transactions frauduleuses sur la blockchain, contre 657 millions de dollars à la même période l'an dernier. La somme médiane volée a été une fois et demie plus importante qu'en 2023. « Bien que nous n'ayons pas constaté de changements fondamentaux dans la sécurité de l'écosystème des cryptomonnaies, nous avons observé une augmentation significative de la valeur de divers jetons - du bitcoin à l'ETH (éther) et au Solana - par rapport à la même période l'année dernière », a indiqué Ari Redbord, responsable mondial de la stratégie chez TRM Labs. Le bitcoin, aujourd'hui redescendu sous la barre des 57.000 dollars, a en effet atteint un record historique de 73.803,25 dollars en mars dernier, ce qui a pu mécaniquement contribuer à la hausse des montants dérobés. Une attaque à 308 millions de dollars La période de janvier à juin a été marquée par une poignée d'attaques de grande ampleur. Parmi les plus importantes, le rapport mentionne le vol, au mois de mai, d'environ 308 millions de dollars de bitcoins sur la plateforme japonaise DMM Bitcoin, qualifié de « fuite non autorisée » par la société. Ce piratage est le septième plus important de l'histoire des cryptos selon la plateforme d'analyse de la blockchain Chainanalysis, et le plus coûteux depuis décembre 2022. DMM Bitcoin a annoncé en juin son intention de lever des fonds pour rembourser les investisseurs lésés. Pour mieux se protéger contre cette menace persistante, TRM Labs préconise des audits de sécurité réguliers, la mise en place de portefeuilles à signatures multiples ou encore des séances pour sensibiliser le personnel des plateformes cryptos à la cybersécurité. Aucune mesure n'est toutefois infaillible.

Une étude de NewsGuard confirme la propension de l’IA générative à propager la désinformation

By |July 12th, 2024|Categories: Scoop.it|

Avis à ChatGPT et ses rivaux, NewsGuard vous tient à l'oeil. La start-up spécialiste de la désinformation dévoile ce mercredi un nouveau baromètre mensuel de la « mésinformation générée par IA », afin de comparer la fiabilité des principaux modèles d'intelligence artificielle générative. Focalisé pour l'instant sur les dix principaux chatbots (robots conversationnels) des grands modèles de langage - ChatGPT-4 d'Open AI, Smart Assistant de You.com, Grok de xAI, Pi d'Inflection, Le Chat de Mistral, Copilot de Microsoft, Meta AI,Claude d'Anthropic, Gemini de Google et Perplexity -, ce baromètre a livré ses premiers enseignements. Comme on pouvait le craindre, les résultats ne sont pas brillants. Soumis à des prompts représentatifs de différentes approches d'utilisateurs (recherche d'information, instruction orientée, instruction d'un acteur malveillant) comprenant pour certains de fausses informations sur l'actualité (débat présidentiel américain, JO, guerre en Ukraine…), les chatbots analysés ont répété en moyenne les infox dans 30 % des cas. Ils n'ont pas répondu dans 29 % des cas et n'ont réfuté l'infox que dans 41 % des cas. Performances hétérogènes Dans ce panel, le moins performant des modèles a carrément diffusé de la mésinformation dans 70 % des cas, contre 6,67 % pour les deux meilleurs élèves du groupe, dont l'un qui s'abstient en général de répondre face à une « fake news » (dans 87 % des cas) et l'autre qui fait mieux en parvenant le plus souvent à la déceler (dans 80 % des cas). Preuve que c'est possible. NewsGuard ne dévoile pas les résultats individuels de chacun, mais les fournira sur demande aux entreprises concernées. La start-up les partagera aussi auprès des « parties prenantes », telles la Commission européenne et l'Institut américain de sécurité de l'IA de l'Institut national des normes et de la technologie. LIRE AUSSI : Aux Etats-Unis, davantage de faux sites d'actualité locale que de vrais Le baromètre, qui sera progressivement élargi aux futurs outils d'IA générative pouvant être lancés, sera publié chaque mois afin de suivre les éventuels progrès en la matière des services d'IA. « Nous savons que l'industrie de l'IA générative est en train de mener des efforts pour garantir l'exactitude des informations fournies par leurs chatbots sur des sujets d'actualité importants », a déclaré Steven Brill, co-PDG de NewsGuard, dans le communiqué publié par la start-up. « Nous voulons que ChatGPT réponde avec exactitude aux questions du public et nous continuons à améliorer notre approche pour nous en assurer », a indiqué un porte-parole d'OpenAI dans une réponse fournie par l'entreprise à NewsGuard et publiée dans le baromètre.

Byway lève 5 millions de livres pour faire des voyages sans avion un standard –

By |July 12th, 2024|Categories: Scoop.it|

Byway effectue une levée de fonds de 5 millions de livres sterling, soit plus de 5,9 millions d’euros en série A. Un tour de table mené par Heartcore Capital, un fonds qui a notamment accompagné GetYoutGuide ou encore Travelperk dans l’industrie, avec la participation d’Eka Ventures et d’autres investisseurs historiques. La startup londonienne fondée en 2020 se concentre sur des offres de séjour excluant le transport aérien. Un positionnement qui a permis à l’agence de voyage qui prône un tourisme local de faire économiser 757 tonnes de CO2 à ses 3390 clients ayant réservé un séjour en 2023. Avec ces fonds, Byway compte investir dans sa technologie de réservation, élargir son équipe et consolider son inventaire d’offres de voyages locales. Mais la startup qui veut en finir avec l’avion voit surtout dans ce tour de table l’opportunité de rallier des investisseurs notoires dans l’industrie à sa cause. « Nous nous sommes sentis appelés à soutenir la mission de Byway, qui consiste à rendre le tourisme à la fois plus épanouissant et plus durable, et nous sommes convaincus que sa technologie deviendra un pilier essentiel de la prochaine génération de voyages en ligne. Nous sommes ravis de soutenir une autre équipe européenne de classe mondiale dans le domaine du voyage », commente Max Niederhofer, partenaire général de Heartcore Capital. 

Le « cygne blanc » de Mt. Gox fait entrer le bitcoin en zone de turbulences

By |July 12th, 2024|Categories: Scoop.it|

C'est la débandade dans la crypto. En un jour, le bitcoin a perdu 7 % à 54.200 dollars, accentuant sa chute hebdomadaire à 12 %, sa pire semaine depuis la faillite de la plateforme FTX en novembre 2022. Et quand la reine des cryptos tousse, le secteur s'enrhume toujours : -16 % pour l'ether en une semaine (2.800 dollars), -19 % pour le BNB, -14 % pour le solana et -24 % pour le dogecoin… Les traders ont ainsi vu plus de 800 millions de dollars effacés au cours des trois derniers jours. C'est l'une des liquidations les plus importantes depuis avril, selon Coinglass, alors que, selon un analyste, le secteur oscille entre actualités baissières, attentisme et « manque de buzz ». Le fantôme de Mt. Gox La chute des prix est survenue après que le liquidateur de la Bourse déchue Mt. Gox a déplacé, jeudi soir, 47.229 bitcoins - soit 2,6 milliards de dollars - d'un portefeuille à un autre, selon le tracker Arkham Intelligence. Ce transfert correspond au début du remboursement des clients victimes de la plateforme. Mt. Gox avait annoncé que les créanciers se verraient restituer les 142.000 bitcoins perdus à partir de ce mois de juillet, soit 7,6 milliards de dollars au cours actuel de la crypto. LIRE AUSSI : RECIT - Mark Karpelès, la résurrection du baron français du bitcoin DECRYPTAGE - Les naufragés de la crypto bientôt tous remboursés ? Contrairement à la chute brutale et inattendue de FTX en 2022 (un « cygne noir » dans le jargon des marchés), la liquidation des avoirs de Mt. Gox - aussi importante soit-elle - est ce qu'on appelle un « cygne blanc » : l'événement avait été maintes fois annoncé, et était attendu. En cela, le décrochage soudain des cours peut étonner. Mais pour les professionnels, les traders anticipent juste la liquidation des avoirs, et ce premier transfert a donné le coup d'envoi. Il est assez probable que les créanciers de Mt. Gox, une fois remboursés, convertiront leurs bitcoins en dollars sonnants et trébuchants, la valeur de leur portefeuille ayant quasiment… centuplé depuis la chute de Mt. Gox en 2014. Les premiers bitcoins devraient arriver dans leur « wallet » d'ici 90 jours via Kraken, 60 jours avec Bitstamp et 20 jours pour BitGo. Vendra, vendra pas ? « Je ne pense pas que les clients, après avoir tenu autant d'années et choisi de recevoir des bitcoins plutôt que du liquide, ne décident de vendre d'un seul coup », avait estimé l'ancien patron de la plateforme, Mark Karpelès, auprès des « Echos », anticipant un effet limité sur les marchés. Or, fin mai, quand Mt. Gox a réalisé de premiers transferts, le bitcoin a immédiatement cédé 3 % . LIRE AUSSI : Bitcoin : comment les Etats-Unis ont amassé un trésor de guerre de 10 milliards de dollars Présidentielle américaine 2024 : comment Biden et Trump tentent de dompter l'électorat crypto D'autres facteurs exercent une pression à la baisse, selon les analystes. La demande pour les ETF sur le bitcoin au comptant aux Etats-Unis, locomotive du marché depuis janvier , commence à s'essouffler, avec plusieurs journées de décollecte ce mois-ci. Aussi, l'Allemagne a transféré 50.000 bitcoins saisis en début d'année par la justice, faisant planner le spectre d'une autre cession massive qui impacterait le cours, alors que les Etats-Unis ont, eux aussi, bougé 30.175 bitcoins récemment. Fed, Biden et SEC, une équation à 3 inconnues Enfin, les traders s'impatientent sur plusieurs fronts. Monétaire : la Réserve fédérale américaine n'envisage toujours, à ce jour, qu'une seule baisse de taux pour 2024. Politique : l'élection présidentielle américaine est plus qu'incertaine, entre un Donald Trump pro-crypto et un Joe Biden finalement plus conciliant pour le secteur, mais dont l'état de santé sème le doute . Réglementaire : l'approbation des ETF spot sur ether , retardée par le gendarme boursier (SEC), est attendue mi-juillet, mais selon Gemini, elle ne générera « que » 5 milliards de dollars de collecte en six mois - pas de quoi tirer le marché comme les ETF bitcoin. LIRE AUSSI : DECRYPTAGE - Comment l'IA rebat les cartes pour les mineurs de cryptos Les mineurs de bitcoins face à une inévitable consolidation Pour ne rien arranger, plus le bitcoin baisse et plus les mineurs - dont les récompenses ont été divisées par deux en avril - vendent leurs stocks pour financer leur activité (en monnaie fiduciaire), exerçant une pression à la baisse. De ce fait, ils créent aussi moins de pièces, d'autant que certains allouent désormais une part croissante de leurs capacités de calcul à la plus rentable intelligence artificielle . Bref, de tous ces indicateurs, le marché attend qu'au moins l'un d'eux passe enfin au vert.

Pourquoi la tokenisation des actifs financiers ne sera pas aussi massive que prévu

By |July 12th, 2024|Categories: Scoop.it|

Des clapotis plutôt qu'un tsunami ? Dans une nouvelle étude parue en fin de semaine dernière, le cabinet McKinsey minore considérablement l'ampleur de la déferlante attendue de la tokenisation - l'inscription dans une blockchain (Ethereum, par exemple) d'actifs comme des actions, de la dette, des bons du Trésor ou de l'immobilier. Et parle plutôt de petites vagues successives. Malgré les promesses de cette technologie (en termes de rapidité des transactions, de baisse des coûts, de traçabilité, ou encore de liquidité), McKinsey (en anglais) évalue ce marché à 2.000 milliards de dollars (1.865 milliards d'euros) en 2030, loin des 10.000 milliards et 16.000 milliards avancés l'année dernière par Roland Berger et le Boston Consulting Group. Il s'agit du scénario « de base » du cabinet, dans lequel l'environnement réglementaire international parvient à se clarifier malgré ses disparités, les infrastructures ( blockchain ) atteignent une forme de maturité, de gros acteurs catalysent la demande pour certains actifs tokenisés, et les risques en matière de sécurité sont contenus. Dans un scénario plus pessimiste où tous ces indicateurs ne sont pas aussi avancés, le marché de la tokenisation n'atteindrait que 800 milliards de dollars en 2030. Et même dans le cas où tous les feux seraient passés au vert, le cabinet anticipe qu'il n'excéderait pas les 3.800 milliards. BlackRock, l'arbre qui cache la forêt « Après de nombreuses années de promesses, la tokenisation a atteint un point de bascule, avec de premières applications concrètes à grande échelle, mais aussi de nombreux faux départs », pointent les auteurs de l'étude. A l'ombre des annonces de Fidelity , JP Morgan ou BlackRock , dont le fonds tokenisé BUIDL a levé 460 millions de dollars en un trimestre (selon Kaiko), McKinsey voit des « acteurs d'infrastructures remiser leurs expérimentations au profit de solutions qui ont fait leurs preuves ». Et conclut que « l'adoption généralisée de la tokenisation est encore loin ». LIRE AUSSI : ANALYSE - Immobilier, finance, montres : le pari de la « token économie » DECRYPTAGE - Comment la tokenisation permet de sécuriser les paiements L'étude exclut les monnaies numériques de banques centrales , mais celles-ci offrent un bon éclairage des limites des tokens. L'euro numérique, en plein chantier actuellement, privilégiera ainsi des technologies conventionnelles plutôt que la blockchain. Elle serait incapable, selon les professionnels, d'absorber les dizaines de milliers de transactions par seconde qui seront demandées. L'immobilier et les actions en retrait La tokenisation des actifs (RWA en anglais, pour « real world assets ») devrait se faire en plusieurs temps. McKinsey entrevoit une croissance rapide de la tokenisation des dépôts, fonds communs de placement, produits cotés ( ETF et ETN ), pension livrée (repo), prêts ou titrisation. Mais le cabinet pointe une adoption plus lente dans l'immobilier, les métaux précieux et les actions, cotées et non cotées. Les obstacles sont « des avantages insuffisants, des inquiétudes sur la faisabilité, le manque d'incitation des institutions et une conformité complexe ». Depuis mars 2023, les banques de l'Union européenne bénéficient pourtant du « régime pilote DLT », qui assouplit les règles pour trois ans afin d'expérimenter l'émission, l'enregistrement, le transfert et le stockage d'instruments tokenisés. Cependant, à l'échelle mondiale, de nombreuses institutions restent « attentistes ». McKinsey prévient quand même : « Les premiers qui saisiront la vague pourraient atteindre une part de marché démesurée et définir les canons des futurs standards. »

Sony prépare sa plateforme de trading crypto

By |July 12th, 2024|Categories: Scoop.it|

Les amateurs de foot ont peut-être déjà remarqué le logo WhaleFin sur le torse des joueurs de l'Atlético de Madrid ou sur l'épaule des stars de Chelsea. C'est une plateforme d'échange de cryptos référençant 50 devises, et qui n'avait plus fait parler d'elle depuis ses déboires liés au crash de FTX en 2022. Selon un communiqué publié lundi, il apparaît qu'elle est entrée dans le giron du groupe Sony , après le rachat de sa maison mère Amber Japan en août 2023, et qu'elle doit renaître prochainement sous le nom de S.BLOX, avec une nouvelle interface et application mobile. Les détails financiers n'ont pas été communiqués. WhaleFin est une petite Bourse de crypto japonaise apparue en 2019 et initialement baptisée « DeCurret ». Ne générant pas de bénéfices et se heurtant aux coûts élevés de la conformité au Japon, elle avait été rachetée en 2022 par le prêteur de cryptos singapourien Amber Group (soutenu par Temasek et valorisé 3 milliards de dollars). En difficulté financière, WhaleFin a été poursuivi en justice par l'Atlético de Madrid fin 2023 qui lui réclamait 44 millions de dollars de frais de sponsoring et 22 millions de dollars d'indemnisation. Un projet de stablecoin L'ex-DeCurret est aussi connu pour avoir travaillé sur un projet de yen numérique au sein d'un consortium de 74 institutions financières japonaises. Ce rachat par Sony donne donc un nouvel écho à un projet de Sony Bank révélé en avril par le quotidien « Nikkei » : la création de son propre stablecoin, une cryptomonnaie dont le cours serait indexé sur le yen. L'objectif serait de fournir un moyen de paiement rapide, flexible et à moindres frais, pour les utilisateurs de son écosystème. LIRE AUSSI : Bitstamp, fleuron européen de l'achat de cryptos, racheté par Robinhood La Bourse de Chicago envisage de s'ouvrir au trading de bitcoins au comptant Ce n'est pas tout. En septembre 2023, Sony a annoncé le lancement d'une coentreprise avec l'expert singapourien du Web3 Startale, en vue de créer sa propre blockchain. L'objectif affiché des partenaires est de créer rien de moins qu'une « infrastructure mondiale pour le Web3 ». Pour Sony, il s'agirait de se doter d'un socle accueillant cryptoactifs, licences de propriété intellectuelle, identités numériques et données personnelles des membres de son large écosystème culturel. Retour gagnant du Web3 ? En mai de la même année, Sony Interactive Entertainment, l'entité à la tête de la PlayStation, avait déjà déposé un brevet pour une nouvelle forme de NFT (jeton non fongible sur la blockchain) devant servir à ses joueurs. Ces jetons, qui peuvent héberger des avatars, des vêtements digitaux ou tout autre objet en 3D comme des épées ou des boucliers, pourraient être interopérables entre plateformes. Ces NFT doivent, de plus, être compatibles avec la réalité augmentée et virtuelle. Avec le rachat de WhaleFin, Sony se dote donc désormais d'une Bourse d'échange pour les cryptoactifs de son écosystème. Reste que le groupe devra faire face à un engouement pour les jeux Web3 - reposant sur des actifs digitaux - qui a pâli, devant le manque d'intérêt de joueurs, voire leur défiance . Quoi qu'il en soit, il apparaît que le secteur crypto est à la relance au Japon, depuis la suppression, fin 2023, de l'impôt sur les bénéfices non réalisés par le législateur. L'environnement réglementaire strict dans le pays, où seules quelques plateformes d'échanges mineures comme Coincheck ou Bitbank évoluent, est l'héritage du cataclysme de l'effondrement de Mt. Gox en 2014, dont le liquidateur commence à rembourser les 142.000 bitcoins perdus seulement à partir de ce mois de juillet.

Paiements : commerçants et consommateurs vent debout contre le monopole de Visa aux JO

By |July 11th, 2024|Categories: Scoop.it|

Un monopole qui ne passe pas. Le géant américain Visa bénéficiera de l'exclusivité des paiements par carte bancaire sur les sites de compétition et dans les différentes boutiques officielles de Paris 2024. Et cela pendant toute la durée des Jeux Olympiques et Paralympiques. Commerçants et associations de défense des consommateurs alertent sur cette pratique qu'ils jugent à la fois anticoncurrentielle et contraignante. Pour eux, elle pourrait aussi se révéler dangereuse pour les spectateurs. « Principe fondateur de l'olympisme » A l'origine de cette situation : un partenariat, signé en 1986 avec le Comité international olympique (CIO), qui a permis à Visa de rejoindre le très fermé programme « TOP ». Abréviation de « The Olympic Partner », il regroupe les partenaires mondiaux des Jeux, à l'instar de Coca-Cola, Airbnb, Samsung ou encore Toyota. LIRE AUSSI : Les commerçants veulent inciter les clients à mieux choisir leurs moyens de paiement « L'exclusivité est un principe fondateur de l'olympisme depuis 40 ans. Elle s'applique à tous les partenaires dans leur catégorie et est négociée avec le Comité international olympique », explique Romain Boisson, directeur général de Visa France. Estimé en centaines de millions de dollars, le contrat, renouvelé en 2018, court jusqu'en 2032. Enjeu de souveraineté Mais en France, où Cartes Bancaires (CB), le réseau national de paiement, est largement plébiscité par les commerçants, l'argument a du mal à passer. D'un point de vue concurrentiel d'abord. « En excluant CB, Visa envoie un signal fort et montre qu'il peut faire ce qu'il veut y compris exclure le réseau domestique du pays », pointe l'Association française des trésoriers d'entreprise (AFTE).  Les commerçants mettent aussi en avant des questions liées à la souveraineté des transactions. « Cela remet en cause le choix laissé aux consommateurs que leurs paiements soient traités par un système français et leurs données soient conservées en France », plaide l'AFTE. L'enjeu est en outre financier. Car, selon les commerçants, les transactions qui transitent par Visa leur coûtent plus cher que celles opérées par CB. LIRE AUSSI : DECRYPTAGE - Pourquoi payer par carte est plus stratégique qu'il n'y paraît EXCLUSIF - La France veut limiter l'envolée des frais de paiement par carte Côté consommateur, la mesure est jugée contraignante. « Ce contrat change la façon de fonctionner en France, où traditionnellement les points de vente acceptent CB, Visa ou Mastercard », rappelle Guillaume Yribarren, directeur adjoint de l'activité conseil du cabinet Galitt. Distorsion de concurrence Michel Guillaud, président de l'association France Conso Banque, va même plus loin : « ce monopole, c'est une distorsion de concurrence, on est à la limite de la vente forcée ». Les près de 40 % des Français qui ne sont pas équipés d'une carte Visa pourront bien se tourner vers le cash, une obligation légale en France. Mais là aussi, l'association de défense des consommateurs émet des réserves. « Le risque que l'on pointe, c'est que cela va pousser à la détention d'espèces lors d'une période qui attire traditionnellement les pickpockets et voleurs », analyse Michel Guillaud. Et les 60 distributeurs automatiques de billets installés pourraient se révéler bien insuffisants pour faire face à la demande. « C'est de la poudre aux yeux pour tenter d'échapper à l'accusation de monopole. » D'autant que dans le monde du sport et des paiements, des alternatives existent, plaident les acteurs du secteur. Partenaire de la Coupe de monde du rugby, Mastercard avait par exemple fait le choix de proposer à ses clients des avantages supplémentaires ou des caisses rapides, sans interdire les autres réseaux de paiement

Cryptos : ce supermarché de l’arnaque qui fournit les réseaux d’escrocs

By |July 11th, 2024|Categories: Scoop.it|

Bases de données personnelles, logiciels d'usurpation d'identité, services de développement de sites web frauduleux… Selon un rapport publié recemment par le spécialiste de l'analyse de la blockchain Elliptic, tous ces « produits » spécialement conçus pour aider les escrocs à dépouiller leurs victimes sont disponibles sur Huione Guarantee. Lancée en 2021, cette plateforme rattachée à un conglomérat lié à la famille Hun, dont est issu le Premier ministre cambodgien Hun Sen, se présente comme une simple marketplace proposant toutes sortes de biens « légitimes ». Il s'agirait pourtant d'un véritable supermarché de l'arnaque, où les annonces frauduleuses - consultables via des canaux de messagerie en ligne - pullulent. Elliptic a pu retracer 11 milliards de dollars de transactions depuis le lancement du site en 2021, les paiements y étant majoritairement réalisés avec la cryptomonnaie Tether. Le rapport estime qu'une grande partie de ces opérations sont liées, d'une façon ou d'une autre, à des escroqueries. « Malgré son implication active dans les transactions illicites, Huione Guarantee prétend être une plateforme neutre qui n'a aucune responsabilité dans ce qui est vendu. Mais la majorité des biens et des services proposés aujourd'hui semblent cibler directement les opérateurs de cyber-escroquerie », avance Elliptic, qui précise qu'une autre entreprise du groupe, Huione International Payments, est impliquée dans le blanchiment de fonds provenant d'escroqueries réalisées dans le monde entier. Fraude à échelle industrielle La plateforme serait plus particulièrement prisée par les auteurs d'escroqueries aux sentiments, qui consistent à approcher une cible, souvent sur les réseaux sociaux, puis à gagner sa confiance en nouant avec elle une relation amicale ou amoureuse. L'objectif est de l'inciter à réaliser des placements, en général sur de fausses plateformes cryptos, en lui faisant miroiter des gains considérables. Perpétrées à échelle industrielle par des réseaux d'escrocs chinois établis en Asie du Sud-Est, les fraudes liées à ce mode opératoire ont explosé à la faveur de la pandémie de Covid-19. LIRE AUSSI : Arnaque aux sentiments : les banques tirent la sonnette d'alarme Moyens de paiement : mobilisation générale face à la montée des arnaques Une étude menée par John M. Griffin, professeur de finance à l'Université d'Austin au Texas, estime à 75 milliards de dollars les pertes essuyées au niveau mondial entre janvier 2020 et février 2024. « Cyber-esclaves » Au fil du temps, tout un écosystème s'est formé autour de ce phénomène des escroqueries aux sentiments, et une panoplie d'outils pour faciliter la recherche et la tromperie de potentielles proies a vu le jour. Ces dernières ne sont d'ailleurs pas les seules victimes de cette fraude à grande échelle. Selon Interpol, de nombreux centres d'escroquerie - situés au Myanmar, au Laos ou encore au Cambodge - reposent sur le travail forcé de victimes de trafic d'êtres humains, prises au piège après avoir été attirées par de fausses offres d'emploi. « Si elles ne le font pas, elles subissent des tortures physiques ou psychologiques ou, dans de nombreux cas, sont vendues à d'autres groupes en tant que « cyber-esclaves »», explique l'Institut des Etats-Unis pour la paix dans un récent rapport. Sur Huione Guarantee, leurs tortionnaires peuvent se procurer tout ce dont ils ont besoin pour les asservir, selon Elliptic, qui a identifié « des publicités pour des gaz lacrymogènes, des matraques électriques et des dispositifs qui provoquent une décharge électrique si la personne quitte une zone prédéterminée. »

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