HOSPITALITY LAB & PRACTICE FOR BRANDS

Blog2017-10-23T13:43:48+00:00

GDPR : L’hospitalité des marques fait loi en Europe.

GDPR : L’hospitalité des marques fait loi en Europe.

En imposant aux marques de privilégier l’intérêt de leurs clients dans la gestion des données qu’elles détiennent, l’Europe fait de l’hospitalité le vecteur principal de leur croissance.

1. AUJOURD’HUI, LA CROISSANCE DES MARQUES PASSE PAR LA QUALITÉ DE LEUR RELATION CLIENTS.

Dans un monde digital, « Les Marchés sont des Conversations ».

Dès 1999, Doc Searls et ses co-auteurs avaient mis cette idée au coeur de leur “Clue Train Manifesto” (Manifeste des Evidences) (1), démontrant alors avec brio comment le développement du “capital relationnel” de la marque pouvait devenir le principal moteur de la croissance des entreprises.

L’arrivée des sites internet dans la fin des années 1990 avait eu en effet le mérite de faire prendre conscience qu’il pouvait se nouer une relation directe entre l’entreprise et ses clients, sans passer par un distributeur ; et que ces nouveaux liens produisaient énormément de données qu’il était probablement intéressant d’exploiter : ainsi, pour développer plus loin l’idée du “Clue Train”, lorsqu’il s’agit de générer une croissance durable des ventes et des profits, les meilleurs atouts de la marque sont sa légitimité à susciter des échanges autour de son coeur de métier (Conversation), son intelligence à les analyser (Curation), sa capacité à apporter des réponses adaptées aux besoins exprimés (Customization), et finalement son empathie relationnelle, propre à mettre le client en résonance avec la marque (Communion). Autant d’atouts qui précèdent dorénavant la simple « qualité des produits » mis au catalogue, autrefois le principal fer de lance des entreprises.
Une vision depuis partagée par Interbrand(2), qui dans sa publication annuelle du classement de la valeur des marques insiste sur le fait que “la croissance est la conséquence d’une stratégie claire et d’expériences exceptionnelles délivrées au consommateur”.
Voici donc venu le temps pour les marques soucieuses de croissance durable de passer un nouveau contrat relationnel avec leurs consommateurs, où l’achat et la livraison du produit n’est plus la fin mais le début de la relation : un contrat qui couvre d’abord l’usage, et l’expérience qui l’accompagne. Un contrat qui est aussi l’occasion de proposer de nouveaux moments de consommation, de nouveaux services, qui sont autant de chiffre d’affaires supplémentaire pour les marques. Mais un contrat relationnel d’abord fondé sur le respect de l’intérêt du client, notamment en matière d’utilisation de ses données.

 

2. GDPR : UNE RÉGLEMENTATION POUR SAISIR DE NOUVELLES OPPORTUNITÉS DE CROISSANCE.

Selon une étude récente de la Commission Européenne(3), 72% des Européens s’inquiètent en effet de laisser trop de données personnelles aux entreprises, souvent à leur insu, et surtout de ne pas en recevoir de réelle contrepartie. D’ailleurs, la connaissance plus précise du client semble ne faciliter en rien la capacité de l’entreprise à mieux cibler ses offres : selon tous les indicateurs(4), le taux d’ouverture des mails diminue alors que les désabonnements (opt-out) augmentent, ce qui fragilise largement la rentabilité des investissements lourds consentis dans le CRM.
La Commission souligne également que le marché en ligne est constitué à 57% d’échanges avec des opérateurs américains, alors que seulement 4% des échanges se font au travers d’opérateurs pan-européens. Elle estime que si les 100 plus grosses entreprises Européennes faisaient un usage judicieux de leurs données clients, le PNB Européen pourrait s’octroyer 1,9% de progression supplémentaire d’ici 2020, soit plus de 200 Milliard d’Euros de gain potentiel.
C’est avant tout à cette opportunité de croissance que la GDPR s’attaque : permettre une meilleure utilisation des données pour les entreprises grâce à un consentement avéré des consommateurs, favoriser les échanges intra-européens au sein d’un univers mieux sécurisé. Loin d’être une contrainte, la GDPR est une chance de développement de nouvelles sources de revenus pour les marques européennes : elle conduit à un modèle de croissance durable rendu possible par une approche choisie et non plus subie de la consommation. Avec la GDPR, les marques doivent négocier avec chacun de leurs clients un contrat relationnel : elles doivent se mettre à l’écoute, comprendre les besoins, proposer leurs services, et définir les modalités de la relation ; le tout dans la transparence ( accès aux données, droit de modification) qui établit la confiance, l’attachement. Les marques deviennent alors attachantes dans le bon sens du terme, et c’est de cet attachement que nait la croissance durable.
C’est à ce nouveau modèle relationnel qu’appellait lui-même Doc Searls dans son “Clue Train Manifesto” : il lui avait même trouvé un nom, la VRM (Vendor Relationship Management). Une approche basée sur le consentement avéré du client vis à vis de ses fournisseurs (vendeurs) avec un postulat simple : “un consommateur libre a plus de valeur qu’un consommateur captif – pour lui-même, pour les marques et pour l’économie en général”.
Encore faut-il s’entendre sur la définition du consommateur “libre”. Searls le définit en cinq points :
1. Il entre en relation avec les marques de manière indépendante et sans contrainte.
2. Il est le point d’intégration de sa propre donnée (c’est lui seul qui peut relier sa donnée à sa personne).
3. Il a le contrôle de la donnée qu’il génère et collecte. Il décide de ce qu’il veut partager, à qui et comment.
4. Il définit son propre niveau d’engagement avec les marques.
5. Il est libre d’exprimer ses exigences et ses intentions en dehors du contrôle de toute entreprise.
C’est ce consommateur “libre” que la GDPR souhaite aujourd’hui promouvoir, afin d’en faire le vecteur de croissance de l’économie.

3. L’HOSPITALITE DES MARQUES, PRINCIPAL VECTEUR DE LEUR PROPRE CROISSANCE.

Accueillir un consommateur “libre” est sans doute une perspective qui effraie bon nombre de marques, tant elle ont été construites sur la notion d’un marketing manipulateur et insidieux, capable d’influencer jusqu’aux émotions pour enfermer les clients dans un tunnel de vente dont la seule issue est l’achat du produit. Avec la GDPR, ce n’est plus le produit qu’il va falloir vendre, c’est la marque qui doit apprendre à se faire acheter. Et pour cela, il va falloir qu’elle se montre hospitalière vis à vis de ses clients : bienveillante, humaine et proche.
Le produit devient simplement la porte d’entrée à la marque, celui qui va forger les impressions de la première rencontre, et donc le début (et non la fin) de l’histoire. Le produit n’est plus qu’un prétexte, c’est la marque qui devient le réel support de l’expérience pour le consommateur : c’est d’ailleurs à elle qu’il va naturellement s’adresser s’il a besoin d’assistance ou s’il a simplement des remarques à formuler. À la marque de se montrer engageante, accueillante, généreuse et humaine pour fidéliser le consommateur au-delà du premier produit, et pour entretenir une relation proche, intime, qui permettra de continuer à vendre sans qu’il soit besoin de déployer la coûteuse armada publicitaire du premier jour : avoir une stratégie à long terme d’entretien de la relation, plutôt que de s’épuiser dans des efforts permanents de recrutement.
Autant le “tunnel de vente” était indifférencié et anonyme, donc étranger à toute notion d’hospitalité, autant le “cycle de décision d’achat” est personnalisé et fait appel à la relation humaine : c’est de la capacité de la marque à accueillir que dépend la fidélisation du client, et encore plus, sa propension à devenir activement promoteur vis à vis de ses pairs. Pour le dire différemment, c’est du niveau d’hospitalité de la marque que va découler l’amplitude de la réalisation du cycle d’achat, et donc le montant de la valeur créée.
Autant le “tunnel de vente” s’envisageait dans un temps le plus court possible, avec l’espoir de limiter la durée d’exposition nécessaire pour déclencher l’achat afin de réduire les coûts, autant le “cycle de décision d’achat” s’inscrit dans la durée la plus longue possible afin de maximiser les revenus. En se plaçant dans une notion de permanence, on met forcément en exergue la qualité de l’hospitalité, seule capable de générer de la pérennité dans la relation.
Plus le consommateur progresse avec la marque, plus la marque fait preuve de « disponibilité » vis à vis des demandes du consommateur, plus se crée la confiance dans la relation, le consommateur récupérant de plus en plus de valeur d’usage en retour de sa relation avec la marque, la marque obtenant de plus en plus de “permissions” qui lui permettent d’aller encore plus loin dans son service du consommateur.
C’est bien là le cercle vertueux de l’hospitalité des marques : un marketing “on demand” (inbound marketing), un marketing de l’échange, de la confiance, de la permission, du partage de la valeur, où les clients sont aussi des hôtes ; un marketing qui se définit d’abord par rapport au client pour qu’il puisse adopter lui-même la marque, la faire sienne et en devenir à son tour le porte-parole…
Alors que la GDPR fait des marques le gibier de consommateurs devenus madrés, l’hospitalité est la meilleure réponse pour faire de ces mêmes marques les plus désirables des proies : avec bienveillance, humanité et intimité. Assurant ainsi la pérennité de leur croissance.

4. QUELLES APPROCHES POUR LES MARQUES FACE A LA GDPR ?

Ce serait peine perdue pour les marques que de se contenter de « mettre en conformité » leur bases de données tout en espérant garder les mêmes pratiques relationnelles. Car la GDPR est d’abord une invitation à renverser ses pratiques relationnelles pour faire montre d’hospitalité vis à vis de ses clients ; et c’est ce renversement d’attitude qui est lui même porteur de croissance pour les marques. Avec la GDPR, l’hospitalité ouvre pour les marques de nouvelles perspectives de croissance.
Une étude publiée en Mai dernier par le gouvernement Britannique4 s’était alarmée sur le fait que seulement 30% des grandes entreprises du pays avaient commencé à prendre les mesures nécessaires à la mise en conformité de leurs pratiques d’utilisation des données, alors que la transcription dans la loi Britannique vient d’être réalisée en ce mois d’Août, et qu’elle survivra au Brexit. Les autres pays feront-ils preuve de la même insouciance, par rapport à une échéance qui dans la plupart des pays européens, a été fixée à Mai 2018 ?
La GDPR transforme radicalement la manière dont les entreprises utilisent les données. Il va falloir arrêter d’acheter des listes d’adresses, et même se débarasser des listes qu’on aura pu acheter auparavant. Contacter un client exigera d’avoir les permissions nécessaires, sauf à s’exposer à des amendes prévues pour atteindre jusqu’à 4% du chiffre d’affaires.
Il n’y aura donc pas d’échappatoires.
Mais n’est-ce pas justement l’opportunité d’une prise de conscience salutaire dans le futur de la relation client ? Quelle marque aujourd’hui a encore besoin d’avoir accès à des millions de noms dont simplement un infime pourcentage montre un intérêt pour ses propositions ? Ne vaudrait-il pas mieux établir une véritable relation avec moins de clients mais qui ont un véritabe intérêt à avoir un dialogue, un échange, une conversation avec la marque ?
N’est-il pas temps, tout simplement, que les marques apprennent à devenir hospitalières vis à vis de leurs clients ?
Et si la GDPR n’était qu’un manifeste pour l’hospitalité des marques ? Une manière de sauver les marques traditionnelles à l’heure du digital ? La dernière opportunité à saisir avant liquidation ou reprise par les acteurs de la nouvelle économie ?
En développant leur hospitalité pour se mettre en conformité avec la GDPR, ce n’est pas tant l’amende que les marques vont éviter, c’est leur futur qu’elle vont assurer.
Aucune raison d’attendre. Embrassons la GDPR en développant l’hospitalité des marques (5).

 

 

(1) Le Cluetrain Manifesto (Manifeste des évidences) est un texte rédigé par Rick Levine, Christopher Locke, Doc Searls, et David Weinberger. Il est d’abord diffusé sur le web en 1999 comme un ensemble de quatre-vingt-quinze thèses, puis est publié sous forme de livre en 2000 avec les thèses prolongées de sept essais. https://www.amazon.com/Cluetrain-Manifesto-End-Business-Usual/dp/0738204315
(2) Etude 2016 Interbrand : http://interbrand.com/best-brands/best-global-brands/2016/
(3) Etude de la Commission Européenne : https://ec.europa.eu/commission/publications/why-we-need-digital-single-market_en
(4) Citée par Tanya Joseph dans le magazine Marketing Week (UK) du 7 Août 2017, New data laws are a chance to reset customer relationships : https://www.marketingweek.com/2017/08/07/tanya-joseph-data-law/
(5) Cf, “Manifeste pour l’Hospitalité des Marques”, Georges-Edouard DIAS, Edition Netexplo : https://www.amazon.fr/dp/2954667230/

Usbek & Rica – Netflix, Amazon, BirchBox… L’inflation aura-t-elle la peau de l’économie de l’abonnement ?

By |August 12th, 2022|Categories: Scoop.it|

Un abonnement pour chaque poste de consommation Car si l’économie de l’abonnement prospère aussi bien, c’est parce qu’il est terriblement facile de souscrire à une quelconque box de kits repas ou à une énième plateforme de SVOD mais qu’il est curieusement bien plus difficile de s’en désabonner. Les investisseurs mondiaux en capital-risque, qui ont porté cette pénétration de la logique de l’abonnement bien au-delà des secteurs traditionnels – c’est bien simple, il existe désormais une offre d’abonnement pour à peu près tous les postes de consommation – l’ont fort bien compris. Si le modèle a tellement prospéré, c’est également parce qu’il remplissait une condition essentielle pour les marchés, en partie liée à la première : il promettait un flux constant de revenus. Dans le langage économique, il cochait la case « RMR », soit « Revenu Mensuel Récurrent » – le graal pour n’importe quel investisseur. À l’heure actuelle, le marché de l’abonnement pèse pour plus de 200 milliards de dollars. Aux Etats-Unis, la dépense moyenne par consommateur s’élève à 237 dollars par mois pour des abonnements, contre « seulement » 130 dollars par personne en Europe, au point que les investisseurs les plus optimistes tablent sur le franchissement symbolique des 500 milliards de dollars en 2025. DÉCOUVREZ NOTRE NOUVEAU NUMÉRO ! Mais c’est mettre de côté un détail qui a tout de même de son importance : l’inflation mondiale et la récession qui guette. Les investisseurs se rassurent en comptant sur les mécanismes de « fidélisation » - pour ne pas dire de « dépendance » - solides mis en place par des acteurs historiques de l’abonnement tels que Netflix ou Amazon Prime. C'est oublier un second détail tout aussi important : un infléchissement dans la perception de notre rapport à l’abonnement, fort bien perçu par Helen Thomas. Dans une remarquable chronique pour le Financial Times, la journaliste affirme que nous aurions dépassé « l’ âge d’or » de l’économie de l’abonnement, celui qui conférait un « aspect technologique superficiel » à des entreprises qui, finalement, je cite « étaient soumises aux mêmes pressions en matière de prix, de qualité et de caprices des clients que n’importe quelle autre entreprise de biens de consommation. » De fait, comme de nombreux Français soumis à une baisse subite de leur pouvoir d’achat, j’ai récemment activé le mode Marie Kondo en matière de gestion de mes comptes, tentant d’évaluer ce qui relevait du superflu ou de l’essentiel dans mes dépenses. Autant vous dire que mon abonnement mensuel à une box de collants dont l’espérance de vie ne dépasse pas les trois jours a vite été cataloguée comme « non essentiel ». L’économie de l’abonnement n’aura finalement été que le dernier avatar du capitalisme pour hameçonner le consommateur avec l’assurance que sa pulsion d’achat soit récurrente, jamais remise en question ou, lorsqu’elle l’était, éteinte par d’innombrables mécanismes de friction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Même les mastodontes sont en train de trembler. Face à la diversification de l’offre de plateformes de SVOD, Netflix, qui avait pourtant prêté son nom à cette nouvelle ère économique, a vu son nombre d’abonnés diminuer pour la première fois de son histoire en avril 2022, au point que la plateforme envisage désormais d’avoir recours à des annonceurs publicitaires ainsi qu’à une formule low cost. Tout un symbole. Si la perte de pouvoir d’achat est la première raison qui pousse actuellement des centaines de milliers de personnes à écrémer leurs comptes, le contexte macroéconomique est aussi l’occasion de rendre visible ce que l’économie de l’abonnement tenait évidemment à invisibiliser, à commencer par l’empreinte carbone désastreuse qu’impliquent les « avantages » fournis par les champions de l’économie de l’abonnement type Amazon Prime. Le géant américain de la vente en ligne justifie l’augmentation du prix de son abonnement de 43 % en France par une « augmentation des frais d’expédition », notamment avec la hausse des prix du carburant, de l’énergie ou encore des « frais d’emballage », autant d’indicateurs qui nous rappellent au passage ce que la fonction « achat en un clic » tenait à nous faire oublier : le coût écologique de la livraison en temps records qui a fait le succès de la plateforme. L’empreinte carbone de l’entreprise aurait même augmenté de 40 % en 2021 par rapport à 2019. On arrête pas le progrès en marche. L’inflation aura au moins eu comme avantage de lever ce mirage technophile sur lequel reposait l’économie de l’abonnement. Cette dernière n’aura finalement été que le dernier avatar extrêmement énergivore du capitalisme pour hameçonner le consommateur avec l’assurance que sa pulsion d’achat soit récurrente, jamais remise en question ou, lorsqu’elle l’était, éteinte par d’innombrables mécanismes de friction rendant la suspension d’un abonnement quasi irréalisable. Preuve que cette économie est de plus en plus remise en question, les régulateurs s’attèlent progressivement à ce dernier chantier : il y a un mois, à la suite de plaintes déposées par plusieurs associations de consommateurs, la Commission européenne a indiqué qu’Amazon devra désormais faciliter la résiliation de son abonnement de livraison rapide Prime au sein de l’Union européenne. 

Usbek & Rica – L’Arabie Saoudite veut construire une ville géante en forme de mur à miroirs

By |August 12th, 2022|Categories: Scoop.it|

En matière d’urbanisme du futur, il y a ceux qui rêvent de quartiers résidentiels entièrement imprimés en 3D. Ceux qui ne jurent que par les tiny houses et leur modèle low tech. Et puis ceux qui voient dans les nouveaux « espaces résidentiels à thème » fabriqués par Disney une manière de prolonger l’expérience de divertissement offerte par le géant américain. 170 kilomètres de long C’est sur la ligne de départ de cette drôle de course de fond que vient de s’ajouter un acteur encore plus ambitieux : « The Line ». Soit le nom donné par l’Arabie Saoudite à la pièce maîtresse de son vertigineux projet de ville futuriste Neom, déjà annoncé en 2017. Plusieurs vidéos promotionnelles dévoilées le 25 juillet dernier sur les réseaux sociaux donnent en effet un aperçu un peu plus clair de cette gigantesque cité située en plein désert, supposément capable d’abriter 9 millions de personnes. Particularité de ces images saisissantes : on y voit deux gratte-ciel plus hauts que la tour Eiffel, reliés sur plus de 170 kilomètres de long par… une sorte de mur géant recouvert de miroirs. Nébuleux ? C’est peu de le dire. Car au-delà de l’imaginaire de folie des grandeurs charrié par « The Line », a priori en décalage complet avec les impératifs actuels de sobriété, les pontes de l’entreprise ont surtout annoncé une batterie de promesses qui semblent, en pratique, difficiles à tenir. « Train à grande vitesse » capable de relier les deux extrémités de la ville en 20 minutes, « besoins quotidiens » accessibles en moins de cinq minutes à pied, jardins suspendus et « ski en plein air », « microclimat tempéré et régulé »… Le tout « sans aucune émission carbone  », mais à grand renfort de systèmes dopés à l’« intelligence artificielle ». De quoi susciter, selon The Guardian, le scepticisme de « ceux-là même, architectes et analystes, qui travaillent sur le projet, qui ne savent pas encore si son ampleur et sa portée pourront jamais être réalisées ». La ville « la plus agréable sur Terre, et de loin » DÉCOUVREZ NOTRE NOUVEAU NUMÉRO ! Comme le relève Euronews, avec ces annonces, l’objectif du prince héritier du royaume Mohammed ben Salmane est pourtant d’ancrer « The Line » dans un semblant de réalité. À terme, il y voit même la cité « la plus agréable sur Terre, et de loin ». À rebours du modèle de développement urbain « incontrôlé » des grandes villes, qui aurait selon lui « diminué le niveau de vie des habitants ». « Puisque nous bâtissons à partir de rien, pourquoi devrions-nous copier les villes traditionnelles ? », interroge rhétoriquement celui qui effectue en ce moment son grand retour sur la scène internationale, y compris en France, après avoir été banni par les pays occidentaux suite au meurtre en 2018 du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. « La vision du prince (...) est au cœur de ses plans pour transformer une économie encore dépendante du pétrole et une société conservatrice, qui ne sont selon lui pas à même de faire avancer le pays, analyse The Guardian. Neom a clairement été conçu en opposition à la tradition et à la sclérose des quatre dernières décennies, au cours desquelles les dirigeants ont misé sur une interprétation intransigeante de l’Islam, maintenant des normes sociétales inflexibles. » Le coût total de la réalisation du projet est estimé à près de 500 milliards d’euros Partager sur Twitter Partager sur Facebook Dans le détail, la « première phase » de construction du bâtiment devrait se poursuivre jusqu’en 2030, date à laquelle les premiers résidents pourraient commencer à emménager. Elle coûtera plus de 315 milliards d’euros, financés grâce à des subventions gouvernementales et des investissements privés. Le coût total de la réalisation du projet est quant à lui estimé à près de 500 milliards d’euros. Toujours selon Mohammed ben Salmane, Neom pourrait générer jusqu’à 380 000 emplois. Promesse un peu vaine quand on sait que, pour parvenir à leurs fins, les pontes de l’entreprise devront contraindre 20 000 résidents locaux, dont des membres de la tribu Howeitat, à se déplacer…

Waze, Google Maps et Mappy devront inciter les voyageurs à adopter une conduite éco-responsable

By |August 12th, 2022|Categories: Scoop.it|

Les applications de transports devront elles aussi faire de la prévention. C'est ce qu'indique un décret publié au Journal officiel le 3 août dernier. Concrètement, les sites et applications de guidage GPS comme Waze, Google Maps, Mappy ou encore Bonjour RATP vont devoir mieux informer les usagers sur l'impact négatif de leurs trajets sur l'environnement et leur santé. Dans le détail, dès qu'un utilisateur planifiera un trajet, le résultat devra afficher une estimation de la pollution causée, avec les quantités de gaz à effet de serre et de polluants dans l'air, comme les oxydes d'azote ainsi que les particules fines. Par ailleurs, les applications devront « mettre en avant » les « propositions d'itinéraires dont l'impact est le plus faible en termes d'émissions de gaz à effet de serre ». Trajets alternatifs Si le trajet de l'utilisateur comprend un passage en voiture sur une portion où la vitesse maximale autorisée est supérieure ou égale à 110 km/h, les plateformes devront proposer des itinéraires alternatifs permettant une baisse de 20 km/h de la vitesse, et donc une baisse des émissions. Les applications devront également « s'efforcer de proposer » des itinéraires de délestage « évitant l'usage massif de voies secondaires non prévues pour du trafic intensif », sauf si ces détours permettent de gagner plus de 10 % du temps de trajet restant, ou qu'il y a des travaux sur la voie principale.

Les pionniers américains de la voiture autonome se tournent vers la livraison

By |August 12th, 2022|Categories: Scoop.it|

Pour la première fois à San Francisco, une entreprise a commencé à offrir à quelques clients un service payant de voitures autonomes, comme un Uber sans chauffeur. Il s'agit de Cruise, une start-up locale qui avait été rachetée par General Motors en 2016. Depuis février, elle est de nouveau dirigée par l'un de ses fondateurs, Kyle Vogt. L'entreprise a reçu le feu vert des autorités californiennes début juin et lancé dans la foulée un service commercial dans certaines rues de San Francisco. Pour l'instant, seule une trentaine de voitures offrent une vraie expérience de conduite sans chauffeur. Ce service est par ailleurs limité à des horaires nocturnes, dans le quart nord-ouest de la ville, un quartier généralement peu animé le soir. Malgré ces limites, la nouvelle est un coup dur pour ses concurrents. Parmi eux, Waymo - une filiale d'Alphabet, la maison mère de Google - et Zoox, qui appartient à Amazon, testent pour l'instant leurs voitures dans la ville californienne, mais sans pouvoir accepter des clients payants. Une autre start-up, Argo AI, qui a le soutien de Ford et de Walmart, a démarré son activité à Miami et à Austin. Elle se tourne de plus en plus vers la livraison, un secteur plus intéressant que le transport de passagers, selon le patron du constructeur automobile américain. Waymo, un précurseur en panne ? La filiale d'Alphabet est la première entreprise au monde à avoir lancé un service commercial de taxis sans chauffeur. Cette expérience a démarré fin 2018 à Phoenix, capitale de l'Arizona, et d'autres villes à proximité. Depuis cette date, Waymo a reçu l'autorisation de tester ses véhicules sans chauffeur à San Francisco, dans certaines parties de la ville, mais il n'a pas encore le droit de faire payer des clients pour ce service.

La ruée des grandes écoles de management vers Paris

By |August 12th, 2022|Categories: Scoop.it|

La Burgundy School of Business est l'une des rares grandes écoles de management à ne pas avoir prévu, « à moyen terme », d'avoir son campus à Paris. Son directeur général, Stephan Bourcieu, s'interroge sur la capacité, pour tous ces établissements, d'y « trouver leur place ». « Paris est absolument incontournable », estime, en revanche, Loïck Roche, le directeur général de Grenoble Ecole de Management qui va installer 6.000 m2 à Pantin, trois fois plus que ses locaux parisiens actuels. « Dans certains pays lointains, personne ne sait où se trouvent Grenoble, Nantes, Toulouse et même Lyon. » Pantin sera « un appel formidable pour les étudiants internationaux, qu'il est diablement difficile d'attirer en province », mais aussi « pour l'ouverture sociale ». Attirer les étudiants internationaux Le but de l'école est d'avoir « de nouveaux étudiants », « surtout pas des Grenoblois qui prennent le TGV, ce serait un non-sens absolu ». Avec les étudiants étrangers et la formation continue, Paris apparaît comme « un levier de croissance » de l'école.

Twitch se déploie dans le monde réel pour attirer plus d’utilisateurs

By |August 12th, 2022|Categories: Scoop.it|

Le 21 juillet dernier, Webedia, la société productrice de médias et de talents du web filiale de Fimalac, organisait les LFL Days, le championnat français de League Of Legends, ce jeu dont la dernière finale des Mondiaux atteignait un pic d'audience de presque 74 millions de spectateurs . Diffusé sur Twitch devant des dizaines de milliers d'Internautes, les LFL Days réunissaient au même moment 3.500 personnes dans les gradins de La Seine Musicale de Boulogne. « Avec les LFL Days, on mêle du spectacle vivant, du divertissement et de la compétition sportive », explique Michèle Benzeno, directrice générale de Webedia. Le jeu vidéo commenté en ligne reste évidemment le contenu de prédilection sur Twitch. Mais la plateforme fait de plus en plus le pont entre le monde virtuel et des évènements où les gens se rendent sur place. Et applique cette recette aux nouveaux territoires qu'elle explore de plus en plus : talk-shows, musique, cuisine et autres passions. Un géant du streaming en légère perte de vitesse Lancé en 2011, Twitch n'en finit pas de grandir . Rachetée par Amazon en 2014 pour 970 millions de dollars, la plateforme peut se définir comme un service de streaming vidéo en direct et à la demande initialement destiné à la diffusion de jeux vidéo. Grâce au « chat », les streamers profitent d'une interactivité directe et constante avec leur public. Ces derniers peuvent payer un abonnement mensuel dont le revenu est réparti entre le créateur et la plateforme. LIRE AUSSI : Twitch, c'est plus que du jeu Sur Twitch, les dons caritatifs se comptent en millions Dans son domaine originel, Twitch a su se développer sous bien d'autres formes, faisant de la plateforme le leader du streaming en direct. Au premier trimestre de 2022, elle comptabilisait 6,1 milliards d'heures de visionnage selon Streamlabs. Plus du double du temps passé par les utilisateurs sur YouTube Gaming Live et Facebook Gaming réunis. Cela dit, depuis un an, la plateforme semble un peu marquer le pas. Selon Médiamétrie, on comptait en moyenne 573 000 visiteurs uniques en France sur la plateforme sur le mois de juin 2019. Un chiffre qui doublait sur le mois de juin 2021 avec 1,136 million de visiteurs. Mais en juin 2022, Twitch connait sa première baisse puisque la plateforme passe à 1,089 million. Signe d'une accalmie qui témoigne de la nécessité constante de se réinventer. Le Z Event comme précurseur de cette transformation De plus en plus d'évènements s'organisent donc en physique et réunissent aussi bien des milliers de personnes sur place que des centaines de milliers devant leurs écrans. La scène francophone ne fait pas exception. Le plus célèbre événement reste le Z Event , un évènement caritatif annuel organisé sur un week-end par le streamer Zerator. L'année dernière, Gotaga, Michou, Inoxtag et 48 autres réunis à la Grande-Motte rassemblaient plus de dix millions d'euros au profit d'Action contre la faim. Afin d'inciter leur communauté à donner, les streamers fixent des « donations goals ». Un palier qui, s'il est dépassé, déclenche des projets originaux créant des contenus inédits pour la plateforme. Le dernier en date : le Popcorn Festival. Un festival à taille humaine réunissant 4.500 personnes. Un festival qui n'a pas à rougir de la concurrence Diffusé chaque mardi sur Twitch et présentée par le streamer Domingo au million et demi d'abonnés, le talk-show interactif Popcorn réunit une communauté de 30.000 personnes en direct chaque semaine. Sans compter les millions de vues d'extraits de l'émission en replay sur YouTube et les réseaux sociaux. « On avait envie de faire un Popcorn avec du public. On a décidé de faire voter les gens sur le lieu de l'organisation en créant un tournoi des villes qui a réuni plus de 3 millions de votes sur les réseaux », explique Domingo. « La ville de Montcuq qui en est sortie vainqueur. L'idée était d'innover. Monter une énorme scène et ramener 4.500 personnes dans un village de 1.200 habitants pour créer un format unique avec du talk-show, du divertissement et de la musique.  » Organisé en moins de trois mois, le festival a été un succès. Un pic d'audience à 110.000 personnes en simultanée sur Twitch pour un total qui monte à 450.000 « viewers » uniques sur l'ensemble de la journée. Des chiffres proches de la radio et de certaines émissions télévision. Twitch, de plus en plus « mainstream » Pour Michèle Benzeno, directrice générale du groupe Webedia qui produit et organise l'émission et ce festival, ces chiffres n'ont rien d'étonnant : « Les gens viennent chercher des contenus de plus en plus premium tout en gardant la spontanéité, l'interaction et l'authenticité. Twitch doit être capable de surfer entre des super productions et des formats plus spontanés qui font partie des codes de la plateforme », dit-elle. Selon elle, la plateforme est en train de se « mainstreamiser ».

Cryptos : le Trésor américain sanctionne Tornado Cash pour avoir blanchi 7 milliards de dollars

By |August 12th, 2022|Categories: Scoop.it|

Les Etats-Unis veulent affirmer leur autorité sur le secteur des cryptos et dans la lutte contre le blanchiment d'argent. Le Trésor américain a ainsi imposé lundi des sanctions financières à l'encontre du « mélangeur de cryptomonnaies » Tornado Cash. Cette plateforme est accusée d'avoir été utilisée pour blanchir plus de 7 milliards de dollars depuis 2019, y compris par des pirates informatiques liés à la Corée du Nord.  Les sanctions mises en place par les autorités américaines prévoient le gel des éventuels avoirs aux Etats-Unis des personnes ou entités ciblées, et empêchent toute transaction avec des ressortissants américains. 7 milliards de dollars Tornado Cash est un « mixeur de cryptomonnaies », un protocole conçu pour préserver la confidentialité des transactions sur la blockchain Ethereum en dissimulant le lien entre les adresses de l'expéditeur et du destinataire. Parmi les 7 milliards de dollars de monnaie virtuelle que la plateforme aurait blanchie, selon le Trésor, « plus de 455 millions de dollars ont été volés par le groupe Lazarus, un groupe de pirates parrainé par l'Etat de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ». En avril dernier, le FBI avait soutenu que Lazarus était derrière le plus gros piratage de cryptomonnaies de l'histoire. Au printemps, ce groupe de hackers aurait ainsi dérobé 620 millions de dollars d'actifs sur Axie Infinity , un jeu blockchain où des transactions sont réalisées en cryptomonnaies. Selon les autorités américaines, les hackers auraient ensuite utilisé Tornado Cash pour dissimuler une partie de ces fonds. LIRE AUSSI : « Axie Infinity » : le jeu vidéo crypto à 3 milliards de dollars et porte-drapeau du secteur Cryptos : les « bridges » entre blockchains, nouvelle cible privilégiée des hackers « Actions agressives » Signe de la montée en puissance du sujet, le secrétaire d'Etat Anthony Blinken s'est fendu d'un tweet, dans lequel il déclare que les Etats-Unis « continueront à mener des actions agressives contre les mélangeurs de devises numériques ». Plus tôt cette année, les autorités américaines avaient déjà sanctionné un autre « mixeur de cryptomonnaies », Blender.io, basé, lui, sur la blockchain bitcoin. Le Trésor avait accusé cette plateforme d'être impliquée dans le blanchiment d'argent pour des groupes spécialisés dans le ransomware liés à la Russie.

Elon Musk a vendu pour près de 7 milliards de dollars d’actions Tesla

By |August 12th, 2022|Categories: Scoop.it|

Le multimilliardaire, actuellement engagé dans une bataille juridique autour du rachat du réseau social Twitter, a vendu ces actions entre le 5 et le 9 août, d’après un document déposé auprès du gendarme boursier américain. Le Monde avec AFP et Reuters Publié le 10 août 2022 à 08h13 - Mis à jour le 10 août 2022 à 12h30 Temps deLecture 2 min. Ajouter aux favoris Partager sur Facebook Envoyer par e-mail Partager sur Messenger Plus d’options C’est une vente qui ne passe pas inaperçue. Le cofondateur et directeur de Tesla, Elon Musk, a vendu pour près de 7 milliards de dollars d’actions du groupe automobile entre le 5 et le 9 août, d’après un document déposé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain, et publié mardi 9 août sur le site Internet de cette dernière. Le multimilliardaire américain est actuellement engagé dans un bras de fer juridique autour du rachat du réseau social Twitter. En avril, il avait déjà vendu 8,5 milliards de dollars d’actions de son groupe automobile pour préparer l’acquisition du réseau social, assurant qu’il n’y aurait pas d’autres ventes de titres Tesla. Lire aussi : Article réservé à nos abonnés En conflit avec Elon Musk, Twitter reste économiquement fragile Cette nouvelle opération de vente de 7,9 millions d’actions représente au total une valeur d’environ 6,9 milliards de dollars (6,7 milliards d’euros). « Dans l’éventualité (qui est, je l’espère, peu probable), où Twitter parviendrait à imposer une finalisation de l’accord, et où certains [de nos] partenaires financiers ne se manifesteraient pas, il est important d’éviter une vente en urgence des actions de Tesla », a écrit Elon Musk sur Twitter.

Automobile : les hybrides rechargeables sur la mauvaise pente

By |August 12th, 2022|Categories: Scoop.it|

Au premier semestre, le nombre de PHEV (Plug-in hybrid vehicle) immatriculés en Europe a reculé de 9,6 % en an , selon les statistiques de l'association des constructeurs (ACEA), avec une part de marché désormais sous les 9 %. La tendance est particulièrement sensible en France (-12,5 %), où elle semble s'être accentuée en juillet (-33 %). Le meilleur des deux mondes… en théorie Sur le papier, la double motorisation qui caractérise ces véhicules a tout pour séduire les clients. La batterie et le moteur associé permettent de rouler à l'électrique sur les déplacements du quotidien, et le moteur thermique prend le relais sur les longues distances, évacuant l'angoisse de la panne ou de pas de trouver de borne de recharge. Ces vertus théoriques ont valu aux hybrides rechargeables une présomption de faible émission de CO2. La déclinaison avec batterie du Renault Captur a ainsi été homologuée avec un rejet moyen de 35 grammes de CO2 au kilomètre, contre 130 grammes pour les versions thermiques, ou 124 grammes pour une Renault Clio essence. « De fausses voitures électriques » Avec la double motorisation, même les SUV et les berlines de société échappent au malus écologique, un argument auquel sont sensibles les gestionnaires de flotte. Les hybrides rechargeables se sont donc taillés une place de choix sur le marché des voitures de fonction ces deux dernières années. Une situation qui ulcère les ONG comme Transport & Environnement . Cette dernière dénonce de « fausses voitures électriques », avec une batterie à l'autonomie trop faible -50 kilomètres environ - et un moteur trop peu puissant. Conséquence, le mode électrique est peu ou pas utilisé, tandis que le surpoids induit par la double motorisation fait grimper la consommation de carburants et les rejets de CO2. LIRE AUSSI : Automobile : le boom des hybrides rechargeables terni par les critiques Ces critiques ont été étayées début juin par une étude de l'ICCT, une autre ONG qui a analysé les usages sur 8.000 PHEV en Europe. Alors que les rejets de CO2 sont calculés en partant du principe que la voiture va rouler 70 à 85 % du temps en mode électrique, ce n'est le cas en réalité que 47 % du temps pour les voitures particulières, et 13 % seulement pour les véhicules d'entreprise. Les conducteurs ne sont en effet pas incités à le faire quand l'entreprise paie les frais d'essence. Résultat, les hybrides rechargeables émettent 3 à 5 fois plus de CO2 et consomment trois fois plus d'essence que ne l'indiquent leurs homologations théoriques, conclut l'étude. Certaines entreprises semblent arriver au même constat. « Il y a clairement un retour en arrière (de leur part), indiquait en début d'année Frank Marotte, le PDG de Toyota France. Le mirage de la fiscalité ne suffit pas à compenser le surcoût des usages pour les véhicules à batterie. » Nouveau mode de calcul Certaines marques, comme Citroën, Ford ou BMW, ont lancé des campagnes pour sensibiliser leurs clients à l'usage du mode électrique. Cela n'a pas suffi à stopper la détérioration de l'image de ces voitures à prise, y compris auprès des pouvoirs publics. Au début de l'année, le canton suisse du Valais a supprimé avec fracas un dispositif de subventions à l'achat en dénonçant « une arnaque ». L'Allemagne doit elle aussi supprimer son bonus à la fin de l'année. L'épreuve de vérité se profile avec l'annonce début juillet par la Commission européenne d'un nouveau mode de calcul des émissions de CO2. La part théorique de la conduite électrique sera réduite à partir de 2025, et elle sera basée à partir de 2027 sur le recours réel à la batterie, à partir des données générées par les véhicules, qui sont déjà quasiment tous connectés. Pour continuer à esquiver le malus, les hybrides rechargeables devront donc faire la preuve du comportement vertueux des acheteurs. Une démarche compliquée, qui pourrait conduire la plupart des marques une accélération du passage au 100 % électrique .

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