Des chercheurs du laboratoire Complex Materials de l’École Polytechnique de Zurich ont mis au point une encre vivante à base de bactéries. Une avancée majeure pour le bioprinting. Les progrès dans ce domaine ont fait, ces dernières années, des pas de géants, permettant d’envisager un avenir où le vivant sera facilement imprimable, comme n’importe quel autre matériau. Mais quel est l’état exact de la science en la matière ? Pourrons-nous un jour imprimer des organes complexes, voire des êtres vivants ? Usbek & Rica a posé la question à André Studart, directeur du laboratoire Complex Materials, et Léa Pourchet, ingénieur de recherche de la plateforme française de bioprinting 3dFab et experte reconnue en bioprinting.

André Studart : Notre « encre vivante » consiste en un gel contenant des bactéries vivantes. Cette encre est utilisée pour imprimer des bactéries en 3D, afin de fabriquer des matériaux fonctionnels. Nous avons utilisé des bactéries parce qu’elles sont capables de synthétiser une pléthore de composés, et de former des matériaux structurels comme la cellulose sous la forme de biofilms. Avec cette technique, nous pouvons exploiter la diversité métabolique des bactéries dans l’impression 3D, en façonnant des matériaux avec une fonctionnalité vivante.

Cette innovation ouvre des débouchés importants car il est possible d’obtenir des biomatériaux imprimés capables de réagir à leur environnement. Les bactéries, en stimulant les cellules souches, permettent aussi d’imprimer des matériaux qui ne pouvaient pas connaître, jusqu’à présent, une croissance convenable lors de leur incubation.
Nous avons imprimé deux types de bactéries : Acetobacter xylinum et Pseudomonas putidas. Les premières sont capables de produire des fibres de cellulose, et les secondes de nettoyer l’eau en dégradant les composés toxiques comme les phénols. Le matériau peut être imprimé dans n’importe quelle forme tridimensionnelle car les bactéries que nous utilisons sont métaboliquement actives.

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