Apprendre aux machines le langage de nos émotions. Pour le meilleur ou pour le pire, c’est une tendance forte du côté des développeurs d’agents conversationnels (dits chatbot) et autres assistants vocaux des géants du numérique : Alexa (Amazon), Siri (Apple) ou Google Home. Ces programmes omniprésents sauront de mieux en mieux simuler et interpréter nos émotions : la surprise, la joie, la colère, la tristesse, le dégoût… Cette " collection des actions qui se produisent de manière automatique et inconsciente dans le cerveau et le corps, exécutant un petit concert ", selon la définition qu’en donnait Antonio Damasio dans notre grand dossier " Émotions : les clés du contrôle de soi " (S. et A. n° 862, décembre 2018). Ce petit concert, c’est celui d’une personnalité, avec ses innombrables nuances. Or " il peut y avoir différentes exploitations de nos émotions selon que le programme revêt une personnalité très émotive au service d’une relation ou à des visées marchandes ", prévient Clotilde Chevet, doctorante en sciences de l’information au Celsa (Sorbonne-Université) qui travaille sur l’écriture dans l’interaction homme-machine. Mais ce ne sont pas forcément les robots avec la personnalité la plus marquée dont il faut se méfier. " Samsung joue beaucoup sur l’émotif alors qu’Alexa d’Amazon met en avant une nature assez machiniste, qui exprime peu d’émotions. On sait pourtant que c’est chez eux qu’on travaille beaucoup pour reconnaitre la dépression avec vraisemblablement des visées marchandes ", explique la chercheuse qui interviendra sur ce thème au prochain Open Brain Bar organisé par l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière

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